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Quand le climat détériore l’eau potable

Les chaleurs intenses, suivies de sécheresses, ont des effets sur la qualité des lacs et rivières.

Des pluies diluviennes, des vents à écorner les bœufs ou une soif de cactus. Ce sont des conséquences appréhendées des changements climatiques sur la planète et dans notre Québec méridional. Jadis rares, ces fortes précipitations ou ces périodes de sécheresse prolongée accroissent les risques d’une détérioration de l’approvisionnement en eau potable.

On l’oublie souvent: en période de pluie abondante, les infrastructures d’écoulement des eaux et celles de production et de distribution d’eau potable perdent de leur efficacité. Des eaux non traitées drainant pesticides ainsi que matières organiques et toxiques sur leur passage se mêlent à l’eau potable, ce qui peut ainsi présenter un risque accru de maladies. Les sécheresses ne sont guère plus rassurantes: les prises sont abaissées et la stagnation de l’eau peut entraîner la prolifération d’algues et d’autres bactéries.

Des médicaments dans l’eau du robinet

Un colloque s’est récemment tenu à Paris et les conclusions sont formelles : des médicaments sont bien présents dans l’eau du robinet, à l’état de traces, et on ne sait strictement rien de leurs effets. Plus besoin de se déplacer à la pharmacie du coin… ce sont les médicaments qui viennent à nous. On n’arrête pas le progrès !Une étude de septembre 2008 a déjà montré que des résidus d’antibiotiques, antidépresseurs, anticancéreux, et de nombreux autres médicaments sont retrouvés dans les cours d’eau. Hélène Buzinski, chercheuse au CNRS et à l’université de Bordeaux, une des premières à s’être intéressée au problème en 2002, avouait même avoir trouvé des traces « d’héroïne et de cocaïne ». Les stations d’épuration ne sont en effet pas conçues pour éliminer ce genre de toxines. Ce n’est donc pas une surprise qu’on les retrouve dans l’eau de consommation, mais ce n’était pas encore acté par la communauté scientifique.

L’eau du robinet pas très claire pour ceux qui ont un cancer

Pesticides, nitrates, métaux lourds, médicaments… Le WWF et David Servan-Schreiber viennent de lancer une campagne pour alerter sur les impacts de la consommation d’eau du robinet. Les malades du cancer sont les principaux concernés.

Une centaine d’articles scientifiques passés en revue, 40 experts interrogés et 20 spécialistes cosignataires, dont Luc Montagnier, récent prix Nobel de médecine : le WWF et David Servan-Schreiber lancent une campagne résumée en une phrase, lâchée dans une interview au Parisien : « lorsqu’on a une santé fragile et que l’on vit dans une région où l’eau du robinet dépasse régulièrement les normes acceptables en termes de nitrates et de pesticides, le mieux est de ne pas boire l’eau du robinet, surtout si l’on a un cancer ». Cette opinion est rejetée par un certain nombre de scientifiques.

En cause, les pesticides, les nitrates et les médicaments qui polluent nos rivières et nos captages d’eau potable. La campagne se base sur des études récentes, qui mettent en évidence divers effets néfastes sur la santé. Suffisant, selon Servan-Schreiber, pour alerter les malades du cancer. Voir le communiqué.